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Le contrat, l'argent, les garanties : les règles du jeu entre un particulier et une entreprise du bâtiment, expliquées sans jargon.

Le devis, pièce maîtresse

Obligatoire au-delà de cent cinquante euros, le devis engage l'entreprise sur son contenu et son prix. Il doit porter la date, la raison sociale et le SIRET, le détail de chaque prestation en quantité et prix unitaire, le coût de la main-d'œuvre, les frais de déplacement, le taux de TVA appliqué et la durée de validité de l'offre. Un devis vague — « rénovation salle de bain : forfait » — vous prive de tout recours sérieux en cas de désaccord : exigez le détail.

Acomptes : la juste mesure

L'usage est un acompte de vingt à trente pour cent à la commande, qui couvre l'approvisionnement des matériaux. Les paiements suivants doivent coller à l'avancement réel du chantier, constaté de visu, et le solde — au moins cinq pour cent — ne se règle qu'à la réception, une fois les réserves levées. Une entreprise qui réclame plus de la moitié du montant avant de commencer déplace son risque sur vous : c'est un signal d'alerte, pas une pratique normale.

Trois garanties, trois horizons

La garantie de parfait achèvement oblige l'entreprise à reprendre, pendant un an après réception, tous les désordres signalés. La garantie biennale couvre deux ans durant les équipements dissociables — robinetterie, radiateurs, volets. La décennale, enfin, répond dix ans des dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : infiltrations par la toiture, fissures structurelles, affaissement de plancher.

La réception, moment clé

C'est la signature du procès-verbal de réception qui fait courir toutes les garanties. Faites le tour du chantier pièce par pièce, listez chaque réserve par écrit, même mineure — une plinthe mal ajustée notée le jour J sera reprise ; la même, signalée trois mois plus tard, se discutera. Si un désordre grave apparaît, vous pouvez refuser la réception : le solde attendra.

En cas de litige

Commencez toujours par une mise en demeure en recommandé, factuelle et datée : elle débloque la majorité des situations. Sans réponse sous quinze jours, le conciliateur de justice — gratuit, saisi en mairie ou au tribunal — règle une bonne part des différends du bâtiment. Au-delà, l'assurance protection juridique de votre contrat habitation prend souvent le relais, et l'expertise contradictoire fixera les responsabilités. Le réflexe qui sauve : tout conserver, du premier devis au dernier message.

Pour cadrer le projet avant de consulter des pros, voir rénover son logement.